Respect

Lors de diverses interviews récentes, des boucher·es ont déclaré avoir plus de respect pour les animaux que les antispécistes du fait qu’ils « traitaient bien leur viande ». Ce visuel est une réponse à ces affirmations.

Le respect

C’est considérer l’autre au même titre que soi-même, et donc ne pas lui nuire. Or, il est impossible de nuire à un cadavre, puisque celui-ci n’est plus à même de ressentir une nuisance. Lorsque l’on parle d’éthique, il y a donc une distinction fondamentale à faire entre un objet (matière organique non sentiente, minérale…) et une entité sentiente.

Un morceau de « viande » (c’est-à-dire en réalité de cadavre en décomposition) n’a donc rien de respectable. Un animal mort, qu’il soit humain ou autre, ne peut subir de nuisance, il n’y a donc aucune raison de le considérer au même titre que soi-même. Avant de parler du fait de respecter la viande, il faut déjà expliquer selon quels critères elle serait respectable, et comment. L’expression « respecter le produit » n’est jamais utilisée pour parler de charbon, de canette de soda, ou encore de poireau. C’est bien le signe que derrière la viande, c’est l’être sentient qui inspire le respect.

L’hommage et le respect pour les morts sont de l’ordre de la croyance irrationnelle (non-fondée sur des faits observables) et du mysticisme. Cette pratique est donc de strictement personnelle et n’a pas sa place dans une réflexion sociétale raisonnable (qui s’appuie sur des faits et des souhaits reconnus et partagés de manière générale). Dans le cas de l’abattage ou de la chasse des animaux, ces rituels de « respect’ post-mortem servent à réduire la dissonance cognitive afin de rendre acceptable le fait de tuer en diminuant la culpabilité.

Cette pensée est d’ailleurs soutenue par l’idée de nature, encore une fois, grâce au « cycle de la vie », à la « chaîne alimentaire », à notre condition d’omnivore : la consommation de chair animale serait nécessaire, et la seule option pour respecter les animaux serait de leur rendre hommage par un « échange équitable », par exemple en tranchant leur corps avec dextérité, en les cuisinant avec talent …

On assiste donc à un renversement de l’éthique de la part des boucher·es qui tirent parti de la médiatisation de l’activisme « stop spécisme ». Les véganes sont dépeint·e·s comme des casseur·se·s dénué·e·s de respect. Iels s’en prennent à « d’honnêtes travailleur·se·s », détruisent des bâtiments gratuitement et perturbent des événements culturels et professionnels.

Accuser les opposant·e·s d’être violent.e.s et irrespectueux·ses permet aux défenseur·ses du système spéciste de se placer du côté de l’éthique elles et eux-mêmes. Les boucher·es et les éleveurs·ses n’ont pas conscience que leur métier participe à une injustice, puisqu’iels pensent le problème à partir de l’idéologie spéciste qui les aveuglent.

Cette méthode tente, avec un succès médiatique non négligeable, d’occulter le message de fond de l’antispécisme. Il est pourtant paradoxal de constater que le système spéciste accorde plus d’importance au respect de l’animal une fois qu’il a été tué que de son vivant, alors que c’est la seule forme de respect pertinente.

Si la partie d’un tout est respectable, alors le tout devrait au moins bénéficier du respect accordé à cette partie.

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