Amour & élevage

Bien que la société patriarcale nous pousse fortement à associer affection à possession, le lien entre ces deux concepts n’a pourtant rien de rationnel.

Le fait d’aimer ne donne aucun droit, aucune supériorité, aucune légitimité à disposer de l’autre. On devrait même vouloir l’effet inverse.

1. L'amour sur le plan matériel

Amour :
Sentiment intense d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose qui pousse celles et ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, intellectuelle ou même imaginaire avec l’objet de cet amour. […]
En tant que concept général, l’amour renvoie la plupart du temps à un profond sentiment de tendresse et d’empathie envers une personne.
Définition de l’amour

L’amour est un sentiment. C’est donc un phénomène chimique reposant sur des cocktails d’ocytocine, de sérotonine et de dopamine, qu’on va interpréter.

2. L'amour sur le plan culturel

On le délimite culturellement en séparant amitié, romance, attachement familial… Bien qu’il soit le moteur de beaucoup de nos actions, l’amour n’a rien de pur, de parfait, de transcendantal ou autre. Pourtant ce sentiment est sacralisé dans notre société. Il permet de valider des comportement irrationnels allant jusqu’à servir de justification pour toutes sortes d’atrocités.

Le système capitaliste / consumériste / productiviste / impérialiste influence notre rapport aux autres. Il est courant que les relations fonctionnent sur un modèle de conquête (c’est d’ailleurs le principe de la séduction). Nous aimons souvent de manière égoïste car nous aimons être aimé·e. Cela nous permet de nous accepter, car si on est « aimable », alors on est légitime à s’aimer soi-même.

De là naît une compétition : si tout le monde est aimé, alors la valeur de l’amour qu’on nous porte est moins grande.

3. Un amour cohérent

Si nous aimions selon les principes évoqués dans la définition, alors nous chercherions à ce que le sujet de notre amour soit libre. La liberté permet d’agir selon ses préférences et donc d’être heureux·se. Or, dans une logique d’empathie et de tendresse, nous devrions chercher le bonheur de l’autre sans passer par le notre.

Aimer serait donc respecter la liberté, le consentement, les préférences, le corps, la dimension affective… de l’autre.

4. L'amour des éleveur·se·s

La tendresse et l’empathie sont incompatibles avec l’exploitation et la mise à mort. Les éleveur·se·s ressentent certainement des émotions positives à l’égard des animaux qu’iels exploitent mais difficile de considérer que ce soit de l’amour.

La relation est corrompue du fait des composantes suivantes :

  • Rapport de force asymétrique. Les éleveur·se·s possèdent des outils, des connaissances et font partie du système dominant les autres animaux.
  • Objectification. Les animaux sont des marchandises aux yeux des éleveur·se·s puisqu’iels les possèdent, les vendent, disposent de leur vie et de leur corps…
  • Source de revenu. Les animaux sont, pour les éleveur·se·s, un produit permettant de subvenir à leurs besoins. Il y a donc un conflit entre l’intérêt des animaux et l’intérêt de l’exploitant·e.

Aimer est sans rapport avec le fait de disposer d’autrui. L’argument des éleveur·se·s qui « aiment leurs bêtes » est donc irrecevable pour justifier l’élevage.

Quand on aime on ne tue pas,
on n’exploite pas,
on ne mutile pas,
on ne domine pas.

Une nuance de plus :

Il n’est pas question ici d’émettre un jugement sur le type de relation choisi entre 2 individu·e·ss tant que le respect de l’autre est assuré.

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